Cueillerai-je pour toi au jardin des mystères
La rose merveilleuse éclose en ton sourire ?
Elle est née… d’un désir à peine, une prière,
En l’éblouissement de mes chers souvenirs.
La brise veloutée l’effleure et la caresse
Ondoie, fait chatoyer ses mouvantes couleurs ;
Le ciel tout entier d’or imprime ses douceurs
Aux pétales soyeux d’une infinie souplesse.
En moi secrètement sans fin je la façonne,
Plus belle chaque jour et plus digne de toi :
Au creux de mon silence pour toi je lui donne
La grâce, la candeur, un long frisson d’émoi.
Joyau de ma tendresse et de mon amitié,
Elle n’existe là que dans mon cœur sauvage,
Hors du temps ravageur, à l’abri de l’orage
Et seul un mot trop dur la ferait se faner.
Mais un soir de légende irisant la lumière,
J’effeuillerai pour toi la fleur imaginaire :
Diadème parfumé, la courbe des sépales
Sera tissée de nuit, de rêves et d’étoiles.