« Soyez miséricordieux pour les créatures de la terre et Dieu au Paradis vous sera miséricordieux ».
Je suis déjà outrée quand je vois un papa qui délaisse son enfant, mais une mère ça me donne des envies de meurtre croyez moi, très émue par un récit qui vibre d’émotions délicates et si vraie! Je suis musulmane de confession, et convaincue jusqu’au fonds de moi même, je n’ai qu’a dire que nous appartenons tous à un seul dieu! Et que Dieu n’est qu’amour, clémence, et pardon! Certes il existe une différence entre la paternité et la maternité, la première ne constitue pas une fatigue corporelle pour l’homme qui ne met en œuvre que son instinct et son désir, alors que la seconde constitue une tâche lourde et expose la mère au danger. C’est elle qui entretient l’enfant, qui le nourrit de tout son corps et aux dépens de sa santé, qui s’expose au danger lors de l’accouchement et de l’allaitement, ce qui entrave la liberté de la mère et réduit l’espace de son mouvement. Dieu, le très haut, a parlé des peines de la mère beaucoup plus que celles du père : Et nous avons enjoint à l’homme la bienfaisance envers ses parents. Sa mère l’a péniblement porté et péniblement accouché. Grossesse et sevrage en trente mois, puis quand il a atteint ses pleines forces et atteint quarante ans, il a dit : « Ô Seigneur ! Dispose-moi pour que je rende grâce du bienfait dont tu nous as comblé, moi et mes parents » (Coran XLVI, 15).D’autre part, le père a le mérite de travailler pour subvenir aux besoins de la famille. Pour cette raison, Dieu considère le père et la mère comme égaux dans la responsabilité à l’égard de l’enfant et dans le devoir de bienfaisance de ce dernier à leur égard. Cette égalité est signalée dans beaucoup de versets coraniques, mais la mère à beaucoup de mérites en raison de ses peines dans la grossesse et l’accouchement. Dans ce sens, la tradition prophétique dit que « Le Paradis est sous les pieds des mères ». En ces temps moderne nous voila devant des scènes les plus atroces des âmes innocentes abandonnées par ceux qu’on aime, parce ceux en qui nous avons confiance. Pour eux parents, peut être on cesse d’exister, c’était tellement simple d’ignorer nos larmes, notre haine, notre rancœur. C’était tellement simple de nous effacer par un simple coup de crayon de leurs vies. « Allah me suffit, il est mon meilleur garant. » Je suis d'accord avec toi, toi l’enfant triste, toi l’enfant qui pleure. On t’a laissé seul dans une pièce noire, et la nuit qui s’installe et s’ennuie. Tu as toujours eu peur de la nuit. Parce que lorsqu’elle est là, tout s’endort, plus personne ne t’écoute, et tu es encore plus seuls, le soleil te tourna le dos. Seul ceux qui dorment seuls le soir, dans une pièce vide de toute chaleur, peuvent comprendre ton malheur. Celui d’être seul et mal aimé. Le malheur de n’avoir personne vers qui se tourner. On t’a oublié, on t’a tourné le dos et tu as eu si mal, si mal. Tu as créé tes monstres et tes démons, et ils t’ont laissé seul face à eux. Tu n’avais même pas une épée pour te défendre, même pas un bouclier pour te protéger. Alors ils t’ont dévoré, et, de loin, ces autres qui étaient ta famille, t’ont laissé crever. Tu as rêvé qu’ils t’aimaient pourtant. Quand tu étais petit, tu dessinais toujours leur visage avec des crayons jaunes et roses. Désormais tes crayons sont redevenus noirs… et tu ne dessine plus rien. Pourquoi ? Parce que la vie a été amère. Le père était de ceux qui ne s’attachent à rien, surtout pas aux personnes, il n’aimait que la froideur, la moiteur et la peur des journées sans lendemain, perdu dans les bras de quelques femmes. « Ne me laisse pas seul…ne m’abandonne pas… aime moi… papa ? ». Il n’a su t’apprendre que la douleur, la tristesse et la solitude, les cicatrices de son amour inexistant gravées dans ton dos. Tu n’as rien vu de beau de lui que le sourire, dessiné dans le corps de femmes qui n’étaient pas ta mère. Dans l'absolu l'enfant a besoin des deux. Mais culturellement parlant, ne penses tu pas que nous vivons dans une société où tout repose essentiellement sur la mère ... je ne sais pas si je suis claire. Il avait l’argent, le pouvoir. Il avait oublié d’avoir un cœur, une âme. Ta mère, elle, a préféré l’oublier comme elle a essayé d’oublier ton père qui la traitait comme la plus futile des poussières. Alors, elle s’est aussi effacée. Tu te souviens de son sourire, parfois, qui était né sur ses lèvres tremblantes. Mais elle n’avait pas pu supporter sa vie, ne voulant pas affronter la mort, elle a vécu comme un fantôme. Oubliés ces jours heureux, oubliés ces sourires d’enfant... Tu es né, et tu es déjà si vieux. Tu as aussi oublié que le bonheur existait. L’amour ? Encore plus inconcevable. Tu as voulu hurler « ne m’abandonnez pas » mais tu ne savais même plus à qui le crier. Alors tu as demandé à ton âme de ne pas m’abandonner. Tu ne voulais pas te perdre… et pourtant. La souffrance, la solitude et l’incompréhension ont fini par abattre tes maigres défenses. Mais je veux dire ne pense tu pas que dans notre société un enfant qui grandit en sachant que sa maman a préféré vivre sa vie que plutôt l'élever aura plus besoin d'un accompagnement psychique pour accepter l'idée qu'un enfant délaissé par son père ?
« Si l’un d’eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse près de toi ; alors ne leur dis point : ‘Fi’ et ne les repousse pas, mais dis-leur noble parole ». Et par miséricorde baisse pour eux l’aile de l’humilité et dis : « Ô mon Seigneur ! Fais-leur miséricorde comme ils m’ont élevé tout petit ») (Coran XVII, 23-24). Cette humilité ne rabaisse pas l’homme mais l’élève car elle est l’humilité de la miséricorde.
Barbara